Kesako? Le Nuido signifie « l’art de la broderie » en japonais. Et c’est bien de broderie japonaise dont il s’agit ici.
J’ai pu participer à une initiation Nuido,où il s’agissait de broder une Sakura (encore!), aux fils de soie, selon l’art japonais de la broderie.
C’est Bénédicte Riou, du JEC (Japanese Embroidery Center) qui proposait cette initiation. C’est un véritable privilège car ils ne sont que 7 profs en France.
Tout d’abord, notre toile est tendue non pas sur un cercle à broder mais sur un socle de bois et agrafé : l’avantage c’est que la toile ne bouge pas!

Notez : la petite punaise verte en haut à droite : elle est hyper importante car c’est elle qui va nous permettre de préparer nos fils. En effet, les fils que nous utilisons sont des fils de soie, mais « bruts », ce qui veut dire ni moulinés, ni torsadés au préalable. Juste teints. Ils sont d’une finesse incroyable. Ils sont enroulés dans notre bobine par 12 filaments, ce qui forme un fil un peu plus gros mais ces 12 filaments à plat sont complètement indépendants.
Pour notre broche, nous avons utilisé nos fils de 2 façons : torsadés pour la fleur, à plat pour les feuilles.
Malheureusement je n’ai pas pris de photos de la préparation des fils : il me manquait des mains, car elles étaient toutes deux monopolisées….
Preparation des fils : après avoir coupé l’équivalent de 2 diagonales de socle, on enroule le fil autour de la punaise, on fait une boucle afin de fixer, puis on va torsader . Cela se fait en 2 étapes : torsade du 1er fil (après avoir humidifié la paume de sa main droite, on tourne le fil retenu dans sa paume jusqu’à ce qu’il vrille sur lui même d’une façon tonique) idem pour le 2ème fil, puis tordage des 2 fils ensemble dans la main gauche avec le même procédé . Cela forme donc un fil torsadé de 24 filaments. Un simple noeud suffit à les fixer ensemble….
J’ai (un peu) galèré pour préparer mes fils torsadés et donc du coup, j’ai pris du retard dans ma broderie….sur la fleur.

Pour broder les fils à plat, c’est beaucoup plus facile pour la préparation. Par contre, il faut lustrer les fils avec le poinçon pour qu’ils se mettent bien à plat, sinon la différence se voit tout de suite.
J’avais bien mis ma bobine de côté pour finir à la maison, mais pendant que je coupais ma toile au cutter pour la ramener, la bobine à disparu. En urgence, je récupérais 1 fil torsadé et 1 fil d’or dans la poubelle à fils pour pouvoir finir. Mais je n’ais pas eu assez de fil torsadé: j’ai donc pris une soie d’Alger de « Au ver à soie », en 1 brin-coloris 2947 qui me semblait être quasi identique en terme de couleur et presque la même grosseur que mon fil torsadé par moi même. Par contre, même si la couleur était très proche, la différence une fois brodé se voit vraiment…. Tant pis!

Le fil d’or a été utilisé en double pour les pistils.
Le montage en broche a été fait avec un bouton à recouvrir taille 45mm et un support de broche. N’ayant pas l’outil pour faciliter le montage, des petits morceaux de scotch délicatement posés avec l’aide des doigts fins et agiles de mon fils ont « maintenu la toile ».
Et voilà le travail!

J’ai beaucoup apprécié cette initiation et surtout le travail du fil de soie.
J’aimerai beaucoup trouver de tels fils car le travail sur la matière est une véritable révélation…
